Apprendre à être optimiste

* A titre informatif, cette vidéo de l'UMP ne réflète en rien et ne partage aucunement mon opinion politique. Si je l'ai mise en ligne sur ce blog c'est uniquement en faisant référence au texte qui suit.



Dans notre société en perte de repères, l'optimisme semble être une quête répandue, à en croire l'abondante littérature consacrée à ce thème. L'optimisme évoque une tournure d'esprit qui consiste à prendre les choses du bon côté, une habitude mentale qui permet d'envisager une issue favorable aux événements. Être optimiste, c'est se montrer résolument positif, enthousiaste, c'est faire confiance à la vie.

Pourtant, près de trois Français sur quatre se déclarent pessimistes. L'habitude de se lamenter est, semble-t-il, plus répandue que celle de se réjouir de la vie. Pourquoi certains sont-ils d'éternels optimistes alors que d'autres ne cessent de broyer du noir en excellant dans l'art des prédictions malheureuses ou en ressassant les ranc½urs du passé ?

Humeur, tempérament ou neurones ?

Bon nombre de facteurs tels que l'humeur, le tempérament et les neurones influencent profondément nos états d'âme. L'humeur est un état émotionnel qui colore notre paysage intérieur et notre perception du monde. Changeante, instable, elle est conditionnée par une foule d'événements de nature à influer sur nos comportements et notre bien-être. Le tempérament désigne une prédisposition face aux événements de la vie. C'est lui qui donne à nos émotions et sentiments une tonalité positive ou négative. C'est cette « affectivité de base » qui, selon les psychologues, semble nous prédisposer à percevoir la vie en rose ou en noir.

Longtemps, les scientifiques ont cru que le cerveau arrivé à sa maturité se caractérisait par la stabilité de ses connexions. On sait aujourd'hui, grâce à l'imagerie cérébrale et aux progrès de la biologie moléculaire, que le cerveau modifie l'organisation de ses réseaux de neurones, en fonction des expériences vécues ;et que de nouvelles connexions peuvent se créer. Nos idées noires proviendraient non seulement d'anomalies du cerveau limbique (qui génère les émotions et les mémorise sous forme de connexions entre les neurones), mais aussi du néo-cortex, la partie du « cerveau pensant » qui traite les émotions et les sentiments. Des travaux de neuropsychologie ont en effet démontré que les événements de vie positifs ou négatifs s'inscrivaient dans le cortex préfrontal, siège du raisonnement volontaire et de l'intégration des expériences ; que son côté gauche est plus activé par la joie, et le côté droit, par la tristesse et la peur. Ce dernier aurait un rôle essentiel dans les ruminations, les pensées perturbées, la perte d'estime de soi. La dépression diminuerait la taille de ses neurones et le spécialiserait plutôt dans le traitement des émotions négatives. Nos hémisphères cérébraux jouent donc un rôle différent dans la survenue de sentiments liés au bonheur : des lésions de l'hémisphère cérébral droit entraînent une humeur neutre ou positive, à l'inverse, des lésions situées à gauche provoquent des pensées sombres.

Les dernières recherches en psycho immunologie effectuées par le Pr Richard Davidson, au laboratoire d'imagerie cérébrale de l'université du Wisconsin, ont révélé notamment qu'un programme d'entraînement, même court, à la méditation, avec des groupes d'étudiants, influence favorablement le système immunitaire parce qu'il permet de réguler le centre cérébral des émotions . Un programme de recherche a mis l'accent, toujours grâce à l'imagerie cérébrale, sur la capacité des moines tibétains à se remplir d'émotions positives et a démontré que l'on pouvait entraîner le cerveau à la sérénité et au bien-être. Une autre étude conduite auprès de plusieurs centaines d'étudiants américains a démontré que ceux qui entretenaient des pensées optimistes réussissaient davantage que ceux dont l'humeur était pessimiste. Pour ces derniers, le taux d'échec était significativement plus important. Ces découvertes ont établi de manière unanime que pensées et émotions agissent sur la biologie du cerveau. Les effets bénéfiques de la pensée positive sur la santé, dans des domaines très variés comme les suites opératoires ou l'implication dans des traitements lors de maladies graves étaient déjà connus.

La grande avancée de notre science occidentale est d'étayer que le corps et le cerveau ne sont pas des entités distinctes mais les deux parties d'un tout et que nos pensées ont donc une répercussion physiologique sur le fonctionnement du corps. Chacun possède son propre terrain génétique, mais l'apprentissage et l'expérience de la vie offrent l'occasion de développer un certain optimisme ou, au contraire, un certain pessimisme. Le cerveau rationnel peut donc, à son tour, intervenir sur le cerveau émotionnel par l'intermédiaire du langage et de la pensée. C'est donc sans aucun doute à ce stade que la sophrologie offre le plus de possibilités, en tant que procédé de re-programmation positive de la conscience.

Nos émotions négatives troublent notre bien-être. Se répercutant sur notre équilibre psychique, elles perturbent l'humeur, réveillent des angoisses et engendrent des troubles souvent difficiles à surmonter. Notre organisme en garde les traces et les traduit en tensions, déséquilibres, et maladies.

Nombre de personnes n'ont pas été programmées au bonheur et n'ont pas appris à y accéder, (carences dues au manque ou à l'absence de preuves d'amour durant l'enfance par exemple). Néanmoins, elles sont parvenues, grâce à leurs efforts personnels (thérapie, lectures, entraînements et travail sur soi) à développer une attitude plus positive face à la vie. Il est important de comprendre que l'on peut modifier son comportement, grâce à un patient travail de reconstruction de sa vision du monde et surtout prendre conscience que le bonheur est un édifice qui sans cesse se construit et s'entretient.

Qui sont les optimistes ?

Les spécialistes comportementaux affirment que l'on peut changer notre attitude mentale et contempler la vie à travers un filtre rose plutôt qu'à travers des lunettes noires. Selon eux, l'optimisme est lié au sentiment de contrôle de sa propre existence. Il suffirait d'apprendre à développer cette aptitude en observant, en analysant et en modélisant la personnalité des gens optimistes. Voici quelques traits dominants des optimistes.
Les optimistes ont une bonne estime de soi. Ils vivent en bonne intelligence avec eux-mêmes, ils profitent pleinement de la vie et font confiance à leurs jugements.

Ils ont conscience de gouverner leur vie. Bien faire les choses, mener à terme ce qu'ils ont entrepris, telle est leur devise. Ils ont foi en leurs compétences, ils savent se fixer des objectifs et tout mettre en ½uvre pour les atteindre.

Ils sont remplis d'espoir. Des épreuves, des soucis, notre vie en est envahie. Les optimistes apprennent à en tirer partie et utilisent toutes les circonstances de la vie même les plus défavorables comme catalyseurs d'une transformation personnelle. Leur optimisme n'exclut pas une approche réaliste car ils sont conscients de leurs erreurs mais ils évitent de les ressasser et persévèrent pour atteindre leurs objectifs. « Tant que je n'ai pas de preuve du pire, je m'efforce de ne pas l'envisager à l'avance » décrète Pierre, résolument optimiste !
Mihaly Csirkszentmihalyi, dans son ouvrage Vivre, affirme que l'optimisme dépendrait de notre habilité à traiter et à interpréter l'information et qu'il est nécessaire d'exercer un contrôle sur le contenu de notre conscience afin de la protéger des pensées défaitistes. On a beau le savoir, on ne fait pas toujours l'effort nécessaire pour les combattre.

L'optimisme est un art et comme tout art, il se cultive, s'entretient et se nourrit. Chacun peut apprendre à illuminer ses journées par un peu plus d'optimisme et dire « stop » aux pensées, images ou phrases assassines qui plombent notre moral. Rien d'harmonieux ne peut être entrepris sans une dose d'optimisme, une attitude mentale positive aide à résoudre les problèmes du quotidien. Lorsque nous déballons nos déboires et nos griefs, nous continuons à entretenir une vision amère de la vie et cela nous fige dans l'immobilisme et le découragement.

Prenez avec détermination les mesures qui s'imposent pour agir ! C'est le meilleur moyen pour couper court aux doutes qui nous assaillent. Si vous poursuivez votre but, ayez confiance, soyez sûr que vous l'atteindrez. Le doute est un véritable poison qui anéantit toute force, le doute naît de la peur et la peur déclenche exactement le contraire de ce que nous souhaitons. Attention, un minimum de doute est cependant nécessaire, pour rester réaliste. Il ne s'agit pas non plus de fuir la réalité en permanence.

Une pratique régulière de la pensée positive nous libère l'esprit.

Qu'est ce que la pensée positive ?

Le principe de la pensée positive repose sur une vision de soi constructive, une vision du monde réaliste et une vision objective de son avenir. Elle consiste à utiliser langage, pensées et façon de communiquer pour développer une attitude mentale positive. Si nous portons un regard plus positif sur les événements même les plus difficiles, nous saurons y faire face et agir pour trouver une issue favorable.

La pensée positive s'appuie sur la relaxation, la visualisation et l'affirmation. Outre la détente mentale et corporelle qu'elle procure, la relaxation équilibre les deux hémisphères du cerveau. Ce qui signifie que ni le cerveau limbique ni le cerveau de la raison n'a d'ascendant sur l'autre.

La visualisation est un mode spécifique de représentation mentale. Visualiser, c'est se représenter mentalement un événement futur, désirer un état positif qui conduit à un changement d'état intérieur. C'est la technique que nous utilisons le plus souvent en sophrologie pour installer un état de bien-être. Elle consiste à créer dans son esprit une représentation précise de ce que l'on désire voir se réaliser.

L'affirmation quant à elle est une déclaration positive que l'on se fait à soi-même. Elle peut être faite juste après la visualisation, à haute voix ou en silence. Les formulations doivent être énoncées sur le mode affirmatif pour programmer l'inconscient à un langage positif. Bien sûr, il ne s'agit pas de se dire « je me vois confiant » et de rester figé dans l'immobilisme en pensant que cela fonctionnera de façon magique et instantanée ! Pensées positives et visualisation n'auront de résultat durable que s'il y a une implication profonde de l'être, une communication entre l'esprit et le corps.

Les travaux du Dr Simonton, et d'Anne Ancelin Schutzenberger reposent sur l'utilisation de la pensée et de la visualisation créatrice dans le processus de guérison. C'est la raison pour laquelle elle est utilisée comme procédé thérapeutique dans de nombreux troubles et maladies, dont le cancer.

Certaines personnes n'acceptent pas la possibilité de réussir, cela provient d'un sentiment profond de culpabilité, de fausses croyances comme par exemple «Je ne le mérite pas ». Si vous vous surprenez à entretenir ce style de pensées, il serait bon de réfléchir à l'image que vous avez de vous-même et à ce que cette phrase vous renvoie. La personne qui visualise doit être prête à accepter le changement qui va s'opérer en elle. C'est parfois délicat, on croit vouloir changer mais c'est souvent compliqué d'abandonner d'anciens schémas. Or il y a des années de comportements, de réflexes, de sentiments à abandonner. Le passé négatif n'est pas un boulet que l'on traîne. Redémarrer sur des bases différentes avec des ressources différentes est possible !

Si vous êtes prêt à accepter ce que la vie vous offre, il n'y aura plus de place pour ces émotions destructrices qui gaspillent votre temps et votre énergie. Lorsque vous aurez réussi à penser positivement pendant un mois, vous vous apercevrez que vous changez. Votre façon positive et confiante de penser attirera des événements positifs. Votre inconscient a besoin d'informations claires, puissantes ne laissant pas de place au doute. C'est lui qui dirige vos actions en conséquence.

Éduquez votre manière de penser

Pour cela analysez chaque pensée lucidement, vous constaterez que le sujet de mécontentement ou de pessimisme perd soudain de son acuité. À partir du moment où vous lui avez restitué sa vraie place, oubliez-le et refusez-lui toute existence dans votre mental. Que d'énergie investie vainement en scénarios désastreux qui ne se réalisent jamais ! Repérez vos pensées automatiques, ces pensées qui issues de vos affects, de votre environnement ou d'idées reçues qui s'imposent à vous sans contrôle de votre conscient telles que « c'est tragique, je panique à mort » etc. ou encore « je suis incapable d'y arriver, c'est trop dur ! ».Prenez conscience de votre fonctionnement et commencez à le critiquer, non pas pour vous convaincre que le pire n'existe pas, mais pour réaliser qu'il n'est pas aussi probable que vous l'imaginez. Écoutez-les et remettez-les en questions. Demandez-vous si elles vous appartiennent ou si elles vous ont été transmises. Réfléchissez à votre passé : faites-vous partie de ceux qui ont été l'objet de critiques incessantes de la part de leurs parents ? Vous a-t-on persuadé que vous ne méritiez aucun compliment ?

Inaugurez une nouvelle vision des choses et souvenez-vous que vous pouvez modifier votre fonctionnement. Vous vous libèrerez ainsi d'une forme de conditionnement et de dépendance. Lorsque ces pensées automatiques s'imposent à votre esprit, il faut les rassembler, les modifier en étant bien conscient que vous véhiculez des pensées qui ne sont pas les vôtres. Pour les chasser, il importe d'identifier ces fausses croyances afin de mieux pouvoir les combattre. Ce cheminement intérieur doit être un réel défrichage. Peut-être avez-vous entendu : « Tu es vraiment nul, ou encore tu n'y arriveras pas ! » Ces injonctions vous dévalorisent et vous culpabilisent. Dites-vous qu'elles appartiennent au passé. Donnez-vous la permission de réussir. Pour cela :

– dressez la liste de vos qualités, de vos points forts, de vos réussites, de vos ressources ;
– prenez conscience de votre valeur ;
– mettez-vous à l'écoute de vos pensées et à chaque fois que vous avez réussi à remplacer une pensée négative par une pensée positive dites-vous : « Voilà j'ai remplacé dans ma tête un nuage par un petit soleil ». Observez la transformation de vos émotions. Comprenez le cheminement intérieur et appréciez-vous sous ce nouvel éclairage ;
– décidez de ne pas être parfait. Personne ne l'est ! L'important est d'être chaque jour un peu plus heureux. Une vieille dame qui chantonnait toute la journée m'a dit un jour : « Je chante, non pas parce que je suis heureuse, mais pour être heureuse ». Vous aussi chantez et laissez entrer la joie. Un peu plus d'insouciance vous rendra plus léger.

Vivez dans le présent

Le passé est derrière nous, nous ne pouvons le changer, le futur, nous ne le connaissons pas, la seule manière de faire taire nos peurs, c'est de bien vivre notre présent. Cela exige bien entendu un effort permanent pour rester en contact avec l'instant présent et monter la garde contre nos pensées machinales. Il s'agit d'être attentif à soi et à tout ce qui se passe en soi à la manière d'un témoin, sans jugement, sans critique. Tournez-vous vers l'intérieur ayez une relation privilégiée avec vous-même, regardez vous avec bienveillance. Puis tournez-vous vers l'extérieur et laissez-vous aller au plaisir, à l'abandon, et à la confiance, au plaisir de profiter et de goûter pleinement les bonnes choses de la vie, ralentissez votre rythme et prenez le temps de vivre, de regarder, d'écouter.

Il faut comprendre que le passé ne correspond pas à l'avenir. Le fait que vous avez connu la douleur ou la déception dans le passé ne garantit pas que ce sera le cas dans l'avenir. Il y avait beaucoup de choses dans votre passé que vous n'avez pas pu contrôler, et tout le monde vit des circonstances malheureuses à un moment de sa vie - vous ne faites pas l'exception. Mais il y a aussi beaucoup de choses dans la vie que nous pouvons contrôler à un degré ou à un autre, et c'est là que réside la possibilité de changement. Une journée ou une semaine qui commence mal ne va pas forcément mal finir. Ne pas faire d'un mauvais départ un signe de prophétie pour une mauvaise fin.

Regardez vous comme une cause, pas un effet. Vous n'avez pas besoin d'être un produit ou d'une victime des circonstances. Cessez de penser à ce qui peut se passer pour vous pour commencer à penser à ce que vous pouvez faire pour que les choses se passent d'une certaine façon. Si vous n'êtes pas satisfait de la façon dont votre vie est alors fixez des objectifs pour aller de l'avant. Soyez proactif. Utilisez les expériences négatives de votre passé pour forger votre caractère et à prendre de meilleures décisions dans le futur, au lieu de laisser le pessimisme vous envahir et faire de vous quelqu'un qui évite le risque à tout prix. Parfois, il est nécessaire de prendre des risques pour recevoir des récompenses. Il est préférable de jouer pour gagner plutôt que ne rien faire pour éviter de perdre.

Accepter la douleur, la déception et l'échec comme une partie de la vie, et non pas l'intégralité de celle-ci. La vie implique la prise de nombreux risques tous les jours, et tous ne prendront pas une fin positive. C'est ce qui définit le risque. Mais heureusement que certaines actions se traduiront par de bons résultats. Idéalement, les bons l'emportent sur les mauvais.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 06:53

Modifié le samedi 17 janvier 2009 07:05

Développer sa personnalité par le pouvoir de la pensée

Développer sa personnalité par le pouvoir de la pensée

Nous formons inconsciemment des habitudes tout au long de notre vie.
Certaines sont de nature souhaitable, d'autres sont plutôt indésirables. Si certaines sont acceptables en elles-mêmes, elles se révèlent extrêmement nuisibles par leur répétition et peuvent devenir la cause de bien des pertes, des peines et des 1' angoisses, alors que les pensées opposées nous apporteraient tout au contraire paix et joie, mais aussi un pouvoir continuellement croissait. Est-il en notre pouvoir de déterminer à tout moment la nature des habitudes qui se créent dans notre vie? En d'autres termes, la formation d'habitudes qui forgent la personnalité est-elle le simple fait du hasard ou pouvons-nous la contrôler ? Ralph Waldo Trine nous démontre que nous pouvons, totalement et absolument, modifier notre personnalité par la force de nos pensées.
Il nous offre une méthode simple, naturelle et détaillée que chacun devrait connaître. Une méthode qui permet d'éliminer les anciennes habitudes indésirables et de créer de nouvelles habitudes désirées. Une méthode grâce à laquelle notre vie peut se voir transformée, en partie ou dans sa totalité.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 07:22

Modifié le samedi 02 mai 2009 11:52

Qu'est ce que la réalité ?

Qu’est ce que la réalité ?
Perception et réalité : Une introduction à la psychologie des perceptions

Nos perceptions nous donnent accès à l'univers environnant. Mais quelle est la nature de la réalité perceptive? En quoi diffère-t-elle de la réalité des physiciens, des chimistes, des géomètres, des physiologistes ? La psychologie de la perception définit la réalité comme l'ensemble des données avec lesquelles nous sommes en interaction constante et que nous utilisons pour nous adapter et survivre. Ces données ont longtemps été admises comme issues des sens alors qu'aujourd'hui elles sont plutôt considérées comme un produit du cerveau. Le présent ouvrage examine la diversité des réponses que les sciences humaines apportent à ces questions en exposant, entre autres, le débat qui a actuellement cours au sujet de l'importance respective du "biologique" et du "psychologique" dans le processus de perception. Après un développement des fondements théoriques et expérimentaux de la psychologie de la perception, plusieurs chapitres décrivent les diverses modalités sensorielles dont nous disposons et expliquent comment notre perception générale résulte de la participation simultanée et interactive de nos différents sens. Enfin, sous le titre général Les mécanismes perceptifs, sont examinées les grandes dimensions de la réalité perceptive que constituent l'espace, le mouvement, le temps et la forme, de même que des thématiques essentielles comme le développement perceptif, les rapports de réciprocité entre perception et action, et les mécanismes de la sélectivité perceptive. Fruit d'une collaboration internationale, ce livre démontre comment les concepts théoriques de la psychologie des perceptions s'articulent avec les preuves expérimentales. Par une structure très didactique (encadrés explicatifs, rappels historiques, figures claires) et un style direct, cet ouvrage s'adresse tout spécialement aux professeurs et étudiants en psychologie, en neurosciences et en sciences cognitives. Il rend également ces notions complexes accessibles au lecteur profane en psychologie.

Le mécanisme de la confusion entre réel et irréel demande quelques explications. En tant qu'humains nous disposons de tous les éléments nécessaires à une perception accomplie: un percevant, quelque chose à percevoir et un processus de perception. Cela nous permet de percevoir tout ce qui peut se manifester, le vrai comme le faux. Par exemple, lorsqu'on voit une pomme réellement présente dans une coupe parmi d'autres fruits, si l'on est attentif, on a spontanément la certitude, dès le début de l'observation, qu'il s'agit bien d'une pomme. L'effort développé qui consiste, ensuite, à la toucher, la prendre et la déguster, dépend de cette perception initiale non trompeuse. Mais il existe des cas où une perception que l'on croit juste ne l'est pas en réalité. Il peut arriver par exemple que l'on perçoive illusoirement de l'eau dans un désert aride, ou que l'on confonde une personne avec une autre par inadvertance.
Les modalités du processus de perception sont assez complexes. Parmi ces modalités particulières, l'effort, qui est nécessairement engagé dans tout processus de perception, peut prendre deux formes principales :
- l'effort ayant pour fruit une perception juste. C'est le premier des exemples précédents ; l'effort atteint son but, la dégustation de la pomme ;
- l'effort ayant pour fruit une fausse perception. On voit de l'eau, on s'approche pour boire, mais il n'y a pas d'eau. On croît reconnaître une personne, on va lui parler, mais on aperçoit quelqu'un d'autre. L'effort n'atteint pas son but : boire de l'eau, parler à la personne connue.
Dans le cas de la connaissance juste (perception de la pomme), nous n'avions pas de doutes, la validité de notre perception n'avait pas besoin d'être confirmée après vérification par une autre perception ; notre conscience n'étant perturbée par aucun obstacle, notre perception initiale n'était pas trompeuse. Dans le cas de la fausse connaissance (absence d'eau, confusion avec une autre personne), nous ne doutions pas non plus de la validité de notre connaissance au moment initial de la perception, cependant nous étions dans l'illusion. Pourquoi ? Parce que, par eux mêmes, nos instruments de perception corporels, sensoriels et mentaux ne peuvent pas faire le tri entre le vrai et le faux. Ils se contentent de présenter à la conscience, à l'ego, les phénomènes perceptibles. S'il ne vérifie pas sa connaissance, l'ego peut prendre pour vrai ce qui ne l'est pas. Il peut aussi douter, exercer son attention, décider de se rapprocher de l'objet de perception, faire tout ce qu'il faut pour se dégager des obstacles qui s'opposent à une connaissance juste.
La quête spirituelle dévoile ce mécanisme. Tout individu est à la recherche d'un "breuvage" délicieux réellement désaltérant : la plénitude du Soi, mais, sans le savoir clairement, beaucoup de personnes sont dans l'impossibilité d'étancher leur soif, comme ce voyageur, dans le désert, assoiffé, trompé par ses sens et son mental.

La perception, une lecture du monde

Nos yeux ne sont pas simplement une fenêtre transparente sur le monde. Voir, c'est être sensible aux informations venues du monde extérieur, mais c'est aussi les sélectionner, les organiser et les interpréter en fonction de nos schémas mentaux. Une perception qui peut être décrite en trois étapes majeures.
Imaginez cette petite scène suivante se déroulant dans un laboratoire de psychologie. Un psychologue demande à une personne présente :

« Que voyez-vous sur la table ?
– Un livre.
– Oui, naturellement, c'est un livre, mais que voyez-vous en réalité ?
– Que voulez-vous dire par là ? Je viens de vous dire que je vois un livre, un petit livre rouge avec une couverture rouge. »

Le psychologue insiste :

« Quelle est votre perception réellement ? Je vous demande de la décrire avec la plus grande précision possible.
– Vous voulez dire que ce n'est pas un livre ? De quoi s'agit-il ? D'un piège ? (La personne commence à s'impatienter).
– Oui, c'est un livre, il n'y a pas de piège. Ce que je veux, c'est que vous me décriviez ce que vous observez exactement, ni plus, ni moins. »

Le visiteur devient très méfiant.
« Eh bien, dit-il, de l'endroit où je me trouve, la couverture du livre ressemble à un parallélogramme rouge foncé. »
Cette scène a été imaginée par le psychologue George Miller, l'un des pères de la psychologie cognitive (Psychology, the Science of Mental Life, 1962, cité par Manuel Jimenez, La Psychologie de la perception, Flammarion, 1997). Cette petite histoire est destinée à nous montrer comment fonctionne l'acte de perception. Spontanément, on croit voir un livre simplement en regardant sur la table. En réalité, l'on perçoit un rectangle rouge sur un fond gris, mais on sait qu'il s'agit d'un livre. À la perception se superpose une interprétation des données visuelles. Dans l'acte de perception, la connaissance se mêle donc à la pure sensation.

La construction de la réalité : Comment nous voyons le monde

La manière dont nous interprétons le monde concerne des domaines aussi différents que la perception sensorielle, la connaissance que nous avons de nous-même et d'autrui, nos représentations de l'espace comme du temps, les filtres idéologiques (politiques, religieux etc.), le savoir et la science (reflet du réel ou non)... Cet article traite du constructivisme en psychologie à travers deux approches : la perception sensorielle et l'image de soi et des autres. Le constructivisme s'oppose au réalisme selon lequel nous accédons directement aux informations contenues dans notre environnement. Les constructivistes considèrent au contraire que des processus cognitifs « modifient » ces données de l'environnement en leur donnant un sens spécifique : nous « construisons » la réalité. Un phénomène de sélection dans la perception a été mis en évidence : nous voyons ce que nous nous sommes préparés à voir. De même, la validation de l'information peut être remise en cause si un élément introduit un doute. La mémoire peut alors être prise en défaut. Du point de vue des représentations du monde comme de soi-même, il est montré que l'on utilise une capacité à déformer la réalité pour en obtenir une vision plus positive et pour résoudre des contradictions.

# Posté le jeudi 05 février 2009 13:33

Qu'est-ce que le temps ?

Qu'est-ce que le temps ?
Le temps est une notion si quotidienne qu'on croit savoir ce qu'elle cache. Pourtant, sa nature intime reste un mystère, même pour les physiciens. Est-ce une propriété fondamentale de notre univers, ou le temps est-il une forme d'illusion ?

Pourquoi le Temps est-il si difficile à définir ?

"Qu'est-ce donc le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne sais plus." Cette célèbre phrase de Saint-Augustin illustre le paradoxe qui se pose lorsque l'on parle du temps. Immergés dedans (impossible de nous en extraire), nous ne savons comment le définir.

Quatre obstacles et des dizaines de questions

Intuitivement, il nous apparaît incompressible, inextensible, irréversible. Le problème, c'est que toutes ces expressions présupposent ou contiennent déjà l'idée du temps. En effet, au moins quatre difficultés nous empêchent de saisir réellement ce qu'est le temps. D'abord la pauvreté du langage : le mot "temps" ne désigne rien de concret. Ensuite, on ne peut s'extraire du temps (même sans événement, il reste). De plus, on confond souvent le temps (qu'on ne sait donc pas définir) et sa fonction (renouveler le présent). Et enfin, le temps n'est perceptible directement par aucun de nos sens.

Ils sont nombreux les penseurs, philosophes et scientifiques, à s'être posé ces questions. Y'a-t-il un ou des temps ? S'écoule-t-il toujours de la même façon ? Passe-t-il tout le temps ? Combien de temps dure l'instant ? Le temps est-il subjectif ou objectif ? Réversible ou pas ? A-t-il un début ? Est-il intérieur ou extérieur à l'homme ? S'écoule-t-il ou le traversons-nous ? Pourrions nous le maîtriser ? Ou au contraire en sommes-nous les prisonniers ? N'est-il qu'une illusion ?

Le temps et nous : notre temps subjectif

Tout le monde en a déjà fait l'expérience : le temps ne semble pas se dérouler à la même vitesse selon que l'on s'ennuie ou que l'on soit lancé dans une occupation agréable. Cette impression subjective du temps, ou durée, dépend donc des émotions ressenties par la personne qui l'évalue. Ainsi les secondes peuvent paraître des heures, et inversement.

On parle de temps subjectif. Il dépend de nous et ne s'écoule pas uniformément. D'ailleurs, il a été prouvé que notre estimation des durées varie notablement avec l'âge, et surtout avec la signification et l'intensité des événements qui se produisent. Notre temps psychologique est donc élastique. On peut aussi le définir comme l'altération psychologique du temps objectif. Mais qu'est-ce que le temps objectif ?

Le temps physique

C'est une autre voie de conceptualisation du temps : elle correspond au temps mathématisé étudié par la science physique. Ce temps-là, réputé uniforme, est censé ne pas dépendre de nous et nous savons le chronométrer. Il s'agit d'une mesure abstraite utilisée pour expliquer les lois de la nature. C'est un concept développé pour représenter la variation du monde : l'Univers n'est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment et évoluent.

Cela ne nous avance pas beaucoup pour saisir la nature intime du temps, mais nous savons qu'il y a donc au moins deux sortes de temps : le temps subjectif, celui de la conscience et le temps physique, celui des horloges.

Comment la science représente le Temps ?

Très tôt, le concept du temps a été lié au concept du mouvement : Aristote l'a défini comme une mesure du mouvement. Ainsi, le temps s'est trouvé lié dès cette époque à la notion du changement, de la durée et de la matière en mouvement.

C'est Galilée le premier qui a considéré le temps comme une grandeur physique fondamentale, quantifiable, capable de relier entre elles mathématiquement des expériences.

Pour Newton le temps, universel et absolu, s'écoule uniformément. C'est un paramètre externe de la dynamique, un temps neutre indifférent aux phénomènes qui se produisent en son sein.

La ligne t

Même si, avec les progrès de la physique, ces notions seront quelque peu nuancées, il reste qu'aujourd'hui, on trouve le paramètre représentant le temps dans toutes les équations de la physique, ce qui paraît d'ailleurs un peu paradoxal puisque cette science tente d'ériger des lois dirigeant l'Univers, sortes d'idéaux immobiles.

A une dimension (t) et une direction, il est considéré comme continu et il n'y en a qu'un à la fois. Les instants du temps ont tous le même statut et le temps n'est pas soumis au devenir.

Représenté comme une ligne orientée et non comme un cercle, il respecte le principe de causalité formulé par Leibniz puis par Kant : une cause ne peut être qu'antérieure à ses effets, autrement dit, on doit toujours pouvoir dire si un point se situe avant ou après un autre et il est impossible de rétroagir dans le passé.

Mesurer la durée

Le temps objectif est affaire de mesure et de grandeur. Les physiciens savent le compter. On mesure le temps à l'aide d'horloges qui sont des systèmes physiques dont on se donne la loi d'évolution en fonction du temps. L'unité légale du temps dans le système international est la seconde, mais sa quantification a varié au cours de l'histoire, suivant l'horloge utilisée.

Pourtant, si les physiciens sont parvenus à faire du temps un concept opératoire, ils sont incapables de définir précisément ce mot. On sait donc compter le temps mais toujours pas le saisir en soi, car l'action de compter le temps, présuppose du temps. Du temps on ne peut s'extraire, alors quel est donc ce "vrai" temps qui mesurerait le temps ?

Le Temps cet inconnu : pas si objectif

Mais le temps objectif ne l'est pas tant que ça. C'est Einstein qui le dit. Avec la relativité restreinte, il prouve en effet que deux horloges à des vitesses différentes mesurent un temps différent. Ainsi, deux jumeaux, dont l'un serait dans une fusée allant à une vitesse proche de celle de la lumière, ne vieilliraient pas au même rythme.

Il s'agit là d'une rupture forte avec la mécanique classique, qui s'exprimait à travers un temps absolu et immuable. Einstein remplace l'hypothèse de temps absolu par celle de la constance de la vitesse lumière dans les référentiels dits galiléens (en mouvement rectiligne uniforme) et pose ainsi l'équivalence des lois de la physique dans tout ces référentiels. Les lois étant les mêmes malgré le mouvement, le temps devient relatif.

Pour relier ces deux approches, le physicien redéfinit le temps et l'espace (donc les notions de mouvement et de vitesse) : désormais, temps et espace sont inséparables et exprimés comme un couple espace-temps. Cet espace temps est déformé par la présence de matière, ce qui se manifeste par une force, la gravité. Finalement, temps, espace et matière ne peuvent exister l'un sans l'autre.

Le temps hors cadre

Ce n'est pas tout : la relativité (générale) inverse une autre notion. Le temps et l'espace ne sont plus le cadre des phénomènes mettant en jeu la matière, mais au contraire, ce sont les corps qui influent sur le temps et l'espace. L'inverse de ce que l''on pensait jusque là.

De plus, l'ordre des événements, du passé vers le futur, devient inséparable des propriétés de la lumière. Voilà donc un temps qui se dilate (pour un corps se déplaçant à grande vitesse par rapport à un autre) ou se raccourcit (pour un corps qui se déplace à faible vitesse par rapport à un autre), et qui semble tout sauf intuitif. Il est pourtant celui qui permet d'expliquer des phénomènes comme les lentilles gravitationnelles ou les trous noirs. Bref, c'est ce temps relatif qui est compatible avec notre observation quotidienne du monde.

Autre conséquence troublante : la notion de simultanéité perd de son absolu car tout dépend de l'observateur. Ce phénomène n'est toutefois flagrant que si les observateurs se déplacent l'un par rapport à l'autre à des vitesses proches de la vitesse de la lumière.

La mesure du temps est donc différente selon la vitesse du référentiel dans lequel on se place. La théorie de la relativité indique donc que le temps soi disant objectif du physicien n'en est pas moins variable.

# Posté le jeudi 05 février 2009 13:49