Les chemins de l'intelligence

Les chemins de l'intelligence

L'intelligence ne dépend pas de la génétique, car nous n'utilisons en moyenne que 10% de nos capacités cérébrales. Ce qui compte, c'est notre aptitude à utiliser pleinement les possibilités de notre esprit.

L'important est la façon dont nous traitons et organisons les informations, dont nous interprétons nos expériences, et plus globalement, la façon dont nous nous représentons la réalité.

Voici donc quelques clés pour devenir "plus intelligent"...

Penser par soi-même

Ne pas faire son jugement en fonction de celui des autres, et ne pas prendre pour argent comptant ce qui est dit ou suggéré par les médias, la publicité, les responsables politiques. Faites usage de votre libre-arbitre et de votre discernement. Posez-vous toujours la question de savoir ce que VOUS pensez, en fonction de votre vision et de ce que vous ressentez réellement. Tout en étant simultanément ouvert et tolérant vis à vis des autres visions ou perceptions.

Celui dont l'esprit ne produit aucune pensée autonome et ne contient rien d'autre que ce qu'on y a déversé est pour ainsi dire "sans valeur ajoutée". Fonctionnellement, ce n'est qu'un "récipient".

Ecouter son intuition

L'hémisphère droit du cerveau possède des capacités intuitives qui sont complémentaires de l'intelligence rationnelle du cerveau gauche.

L'intuition résulte des synthèses d'informations qui s'effectuent de manière inconsciente dans le cerveau droit qui travaille de façon analogique et intuitive, tandis que le cerveau gauche travaille selon un mode logique et rationnel. Ces synthèses d'information intègrent l'ensemble des informations que nous enregistrons dans notre mémoire, y compris les perceptions que nous n'avons pas conscience de mémoriser mais qui sont malgré tout enregistrées par l'inconscient.

L'intuition est capable de prendre en compte une multitude d'éléments dont nous n'avons pas conscience. C'est pourquoi il est essentiel d'être à l'écoute de l'intuition et de suivre ses conseils.

Etre à l'écoute de l'intuition, c'est essayer d'écouter ce que l'on ressent profondément. Lorsque nous devons faire un choix, nous devons essayer d'être attentif aux sentiments et aux sensations que suscitent les différents choix possibles. S'agit-il d'un sentiment de bien-être ou de malaise? De légèreté ou de lourdeur?...

Etre à l'écoute de l'intuition, c'est aussi être en contact avec notre inconscient, car c'est de là que proviennent les perceptions intuitives. Pour cela, nous devons être un minimum en accord avec nous-mêmes et avec notre inconscient. Car si nous ne pouvons supporter ce qui s'y trouve, l'inconscient devient totalement inaccessible au conscient, afin que ce dernier ne puisse pas voir ce qu'il ne veut pas assumer.

Etre à l'écoute de l'intuition nécessite aussi un minimum de calme intérieur...

Passer du noir et blanc à la couleur

Beaucoup de personnes pensent en noir et blanc, c'est à dire de façon binaire: bien ou mal, vrai ou faux, 1 ou 0. Les conséquences du mode de pensée binaire sont le dualisme, l'absence de nuances, l'intolérance, et finalement la violence et les guerres.

Un progrès réalisé par de plus en plus de personnes consiste à penser en "niveaux de gris", c'est à dire à distinguer des nuances entre les opposés. Des nuances de gris apparaissent alors entre le noir et le blanc. Cela permet à la réflexion de devenir un peu plus subtile, et aussi, un peu plus proche de la vérité.

Mais l'idéal est de parvenir à voir la réalité EN COULEUR.

Il ne reste plus ensuite qu'à augmenter la précision de notre représentation de la réalité (la "résolution" de l'image), afin de percevoir le monde avec toutes ses nuances, sa complexité, et sa beauté.

Passer de la logique binaire à la logique tétravalente

Complément de l'intelligence intuitive, l'intelligence rationnelle est indispensable pour analyser certains problèmes. Elle fonctionne à la manière d'un logiciel, en analysant les informations selon une logique pré-définie. Le plus souvent, nous utilisons une logique binaire qui n'est capable d'envisager que 2 possibilités opposées (vrai ou faux, 1 ou 0, etc.) ce qui donne une vision simpliste et faussée de la réalité.

La logique binaire est un peu la version 1.0 du "logiciel système" de notre intelligence.

Une variante améliorée de la logique binaire est la logique tétravalente, qui est basée sur 4 possibilités. C'est la version 2.0 du "logiciel"...

Par exemple, dans le cas de 2 propositions contradictoires A et B:

la logique binaire envisage 2 cas:
1 - A est vrai, et B est faux
2 - B est vrai, et A est faux

la logique tétravalente envisage 4 cas:
1 - A est vrai, et B est faux
2 - B est vrai, et A est faux
3 - A et B sont faux tous les 2
4 - A et B sont vrais tous les 2 (chacun à leur manière, ou à des niveaux différents)

La logique tétravalente permet davantage de souplesse et de liberté d'esprit. Elle ouvre la voie au progrès suivant: la vision relativiste.

Adopter une vision relativiste

La vision relativiste amène à voir la réalité avec toutes ses nuances et sa subtilité. Elle va encore plus loin que la logique tétravalente, en envisageant un nombre illimité de cas possibles, et en évaluant chaque chose par rapport aux autres, et non en termes absolus. La même réalité peut être vue différemment, selon le point de vue de l'observateur...

C'est pourquoi nous devons essayer de voir les choses avec un point de vue extérieur à soi-même, et en regardant chaque situation sous plusieurs angles simultanément.

Un autre enseignement de la relativité concerne la causalité. Les humains ont souvent tendance à ramener les problèmes à une cause unique. Alors qu'en réalité, un problème a toujours de multiples causes, qui ont des degrés ou des niveaux d'influence différents. Certaines causes sont majoritaires et représentent 20 ou 30% de la causalité. D'autres causes, un peu plus nombreuses, "pèsent" entre 2 et 5%. Enfin, une myriade de "micro-causes" pèsent moins de 1%.

La carte n'est pas le territoire

La représentation que nous nous faisons de la réalité n'est pas la réalité elle-même. De même que la carte d'une ville n'est pas la ville elle-même.

Nous devons tenir compte du fait que la réalité est toujours plus complexe et plus riche que ne le suggère notre carte.

Ce principe a été rendu célèbre par Alfred Korzybski en 1933 dans ses travaux sur la "sémantique générale" et la logique non-aristotélicienne. En opposition avec Aristote pour qui le langage est un miroir fidèle de la réalité, Korzybski considère que le langage n'est pas la réalité mais une "carte verbale de la réalité". Ce principe est aussi illustré par Magritte dans son fameux tableau "Ceci n'est pas une pipe", pour montrer que l'image d'un objet n'est pas l'objet lui-même.

Penser en 4D

La plupart des humains pensent et voient le monde en 3 dimensions, les 3 dimensions d'espace de leur environnement. Pour réfléchir et agir, ils se basent sur une "représentation mentale" de la réalité qui est donc en 3D.

Penser en 4D, c'est ajouter une dimension supplémentaire: le TEMPS.

Ce qui distingue les grands stratèges (notamment en politique), c'est leur capacité à prendre en compte le temps, c'est à dire l'évolution des choses dans le temps.

Ainsi, ils peuvent concevoir des stratégies à long-terme, qui utilisent les effets du temps sur les situations et les personnes. C'est ce qui permet de concevoir des stratégies dont la plupart des éléments restent invisibles pour l'adversaire, car ils sont situés dans le futur.

Les stratégies conçues en 4D sont d'autant plus indétectables que leurs effets ne sont mesurables qu'à moyen ou long terme, mais ils sont alors inéluctables car ils ont modifié la structure de la situation en profondeur. (Les "Maîtres du Monde" sont experts dans ce domaine...)

Prendre du recul dans l'espace et dans le temps

Prendre du recul dans le temps, c'est prendre en compte le fait qu'à chaque époque, ce que la majorité croit être vrai, bon, ou indispensable peut être en réalité une erreur.

Au Moyen-Age, la majorité des gens croyaient que la Terre était plate ou que le Soleil tournait autour de la Terre, censée être au centre de l'Univers.

Au début du 20è siècle, la majorité des hommes croyaient indispensable de porter un chapeau, et la majorité des femmes croyaient indispensable de porter un corset.

Au début du 21è siècle, la majorité des humains croient que le but de la vie consiste à atteindre toujours plus de jouissance en consommant le "best of" des biens et services de la planète.

La société d'une époque doit être replacée dans son contexte global, celui de l'évolution humaine, et plus largement encore, celui de l'évolution de la vie sur Terre.

Au niveau personnel, l'instant présent doit être replacé dans la perspective du temps global de notre vie, et du fait que nous sommes mortels.

Il est aussi utile de prendre du recul dans l'espace. Cela consiste à élargir son champ de vision à partir du point d'observation où l'on se trouve. La société ou le pays auquel on appartient, la planète avec l'ensemble de ses peuples et de ses cultures, le système solaire, la galaxie, et finalement l'univers, et ses milliards d'autres mondes.

# Posté le vendredi 19 décembre 2008 17:10

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 17:22

Extrait du Petit Prince. Mais aussi, la philosophie qui s'en dégage.

Extrait du Petit Prince. Mais aussi, la philosophie qui s'en dégage.
"_ [...] Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde... [...]

_ On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
_ Que faut-il faire ? dit le petit prince.
_ Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus.[...]
_ Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur.
L'essentiel est invisible pour les yeux."


Voici ma question : quand le petit prince parle avec le renard, celui-ci lui dit que le langage est source de «malentendu». Pourtant, il me semble que c'est en communiquant qu'on arrive à se comprendre. J'ai appris, moi, que la communication était source de toutes ententes mais bien plus souvent sources de malentendus.

Faisant oeuvre de bonne intention, j'ai cherché dans le dictionnaire la définition du mot «malentendu» et ça disait: «Divergence d'interprétation entre personnes qui croyaient se comprendre.» Et je ne suis guère plus avancée... si je parle, je risque d'être mal interprété et si je me tais on ne peut me comprendre, connaître l'être et les pensées qui m'habitent.
Si "le langage est source de malentendus", est-il alors préférable de se taire ?... j'aurais tendance à dire oui. Ne dit-on pas que le silence est d'or...

# Posté le vendredi 19 décembre 2008 17:13

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 17:29

L'intelligence sous toutes ses couleurs

L’intelligence sous toutes ses couleurs

On a tous entendu parler de tests de Q.I. (quotient intellectuel). Ces tests mesurent surtout l'intelligence abstraite (logique) et l'intelligence linguistique (verbale). Toutefois, l'intelligence peut prendre plusieurs formes et non une seule comme on a souvent tendance à le croire. Howard Gardner, psychologue américain, avance qu'il existe plusieurs formes d'intelligence, théorie connue sous l'appellation d'intelligences multiples. Cet article se veut donc une présentation ainsi qu'une réflexion sur ces divers types d'intelligences et leur lien avec l'orientation professionnelle.

LES MULTIPLES FACETTES DE L'INTELLIGENCE

Gardner a identifié huit types d'intelligences : verbale (ou linguistique), logico-mathématique, intrapersonnelle, interpersonnelle, kinesthésique, spatiale, naturaliste et musicale. Il travaille présentement sur un neuvième type, soit l'intelligence existentialiste / spirituelle. L'intelligence verbale constitue l'habileté à bien utiliser et à bien comprendre le langage, écrit ou parlé. L'intelligence logico-mathématique est la capacité à raisonner, à avoir un esprit logique, cartésien, mathématique, à voir des liens de cause à effet, à résoudre des problèmes et à comprendre les relations abstraites. L'intelligence intrapersonnelle se définit comme étant la capacité de la personne à se comprendre, à se regarder, c'est à-dire à faire preuve d'introspection à son égard et d'avoir une bonne connaissance de soi, tandis que l'interpersonnelle est sa capacité à être en relation avec les gens, à travailler avec eux, à faire preuve d'empathie et de compréhension, à bien reconnaître leurs sentiments et motivations. L'intelligence kinesthésique est l'habileté à bien utiliser son corps dans ses mouvements pour s'exprimer ou pour résoudre un problème. Les gens kinesthésiques ont besoin de bouger et d'apprendre par la pratique, en touchant les choses ou les gens. L'intelligence spatiale, quant à elle, peut se définir comme étant la capacité à visualiser des formes en trois dimensions et de bien se situer dans l'espace et le temps.
Elle fait appel à l'imagination, à la pensée par images et à la capacité de se faire une bonne représentation mentale du monde. Le sens de l'orientation est une caractéristique de ce type d'intelligence.
Quant à l'intelligence musicale, il s'agit de l'habileté à reconnaître, à comprendre, à produire des sons et des mélodies et à s'exprimer par la musique.
L'intelligence naturaliste est la capacité à reconnaître ce qui nous entoure dans un environnement naturel (plantes, animaux, etc.) et à classer et regrouper tout ce qui a trait à
la nature. L'intelligence existentialiste / spirituelle est l'habileté à se questionner sur le sens et l'origine des choses à l'intérieur de l'univers, à penser les choses profondément.

On possède tous ces types d'intelligences à différents degrés on peut développer ceux que l'on possède moins, à tout âge, en effectuant des exercices faisant appel au type d'intelligence que l'on veut travailler. Il est vrai que certaines personnes n'ont pas d'aptitudes pour certaines choses. Toutefois, avec un peu de pratique il est possible de développer certaines capacités, sans pour autant que cela devienne une force. En effet, il est important de distinguer une force (aptitude) d'une capacité, car on peut être capable de faire quelque chose (un dessin, par exemple) sans se considérer comme ayant une force pour cette chose en particulier.

INTELLIGENCES MULTIPLES ET CHOIX DE CARRIÈRE

Le fait de connaître ses types d'intelligence les plus et les moins développées peut aider les personnes dans leur processus de choix de carrière. Par exemple, un étudiant, bien qu'il n'ait pas de talent en dessin, possède un fort intérêt dans ce domaine et aimerait se diriger en design. Il doit évaluer si le degré d'effort qu'il devra y mettre afin de développer cette habileté vaut la peine de persévérer. En effet, ce n'est pas parce qu'une personne ne possède pas une habileté qu'elle ne peut pas la développer. Toutefois, le fait de choisir une profession allant à la fois dans le même sens que ses intérêts et aptitudes représente de loin un avantage pour l'individu. Une personne se dirigeant dans un domaine qui fait appel à des habiletés qu'elle ne possède pas naturellement devra mettre plus d'énergie et s'y sentira peut-être inconfortable. Ainsi, si elle n'a pas suffisamment développé les types d'intelligence requis dans un domaine professionnel, elle devra peut-être reconsidérer son choix.

Bien que présentées sous formes distinctes, ces intelligences sont toujours en interaction : pour effectuer une activité spécifique on fait souvent appel à plusieurs intelligences simultanément. Chaque type d'intelligence a ses forces et il est dans le meilleur intérêt de tous d'en utiliser plusieurs. D'ailleurs, chaque profession sollicite plusieurs types d'intelligence. Par exemple, en architecture, les intelligences spatiale et logico-mathématique sont grandement utilisées; dans le domaine des langues et linguistique, c'est l'intelligence verbale qui est de mise alors que dans le domaine de la relation d'aide, les intelligences intrapersonnelle et interpersonnelle sont très importantes. En connaissant à quels types d'intelligence les professions font appel, il est possible de faire un choix plus éclairé en fonction de ses forces. Bien sûr, les aptitudes ne sont qu'un des éléments à considérer dans un choix professionnel, car il ne faut jamais négliger l'importance des autres caractéristiques telles que les intérêts, les valeurs et les traits de personnalité.

En guise de conclusion, le concept d'intelligences multiples peut donc faciliter l'exploration professionnelle. L'intelligence logico-mathématique est encore largement valorisée par la société, mais il faut reconnaître qu'elle n'est pas la seule à exister et que chaque type d'intelligence a ses forces. Chaque personne possède des forces qui peuvent l'aider et la guider dans leurs questionnements et leurs choix professionnels. L'important est de mieux connaître où se situent ses forces et ses limites afin de mieux utiliser son potentiel
tout en prenant conscience de nos points à améliorer. Bien connaître ces éléments est un moyen de construire son estime de soi. On a ainsi une image plus juste de soi-même et on peut mieux faire des choix en fonction de qui l'on est.

# Posté le samedi 27 décembre 2008 07:15

Modifié le samedi 27 décembre 2008 07:30

L'art de la critique constructive

L’art de la critique constructive

La critique est inévitable dans toute relation interpersonnelle. Si elle peut être constructive, encore faut-il apprendre à la formuler et à l'accepter. Conseils sur l'art critique de critiquer.

Bien exprimée, la critique permet à l'autre de connaître ses points faibles et les aspects qu'il devrait améliorer, que ce soit dans ses relations avec les autres, son travail ou même, dans le sport. Avoir le sens critique est en soi une grande qualité. Les spécialistes des relations interpersonnelles s'entendent pour dire que la critique est une bonne chose, à condition de la «manipuler avec soin». Dans la mesure où elle est objective et bien dirigée, elle évite d'accumuler les frustrations et, du même coup, de se retrouver au c½ur d'un conflit.

Observations, attentes et objectifs

Avant de critiquer quelqu'un, il faut vous préparer et vous demander si vos observations sont légitimes. Dans un premier temps, réfléchissez aux raisons qui vous poussent à intervenir. Quelles sont vos attentes? Votre objectif est-il clair? La remarque est-elle constructive? Risque-t-elle davantage de blesser l'autre que de l'inciter à s'améliorer? Il vous faut ensuite choisir votre moment. Pas question de tout balancer en pleine réunion d'équipe ou entre deux rendez-vous.

Attention, enfin, de ne pas vous laisser emporter. Une critique lancée sous le coup de la colère peut dépasser votre pensée et provoquer le contraire de l'effet recherché. Soyez sûr de pouvoir assumer vos affirmations, de rendre votre interlocuteur réceptif et d'accepter à votre tour un point de vue divergent.

Faire preuve de jugement et de doigté

Pour faire une critique constructive, il faut oser dire les choses, ce qui nécessite un minimum de courage. Il faut aussi savoir comment les dire. C'est ce qu'on appelle le doigté.

- D'abord et avant tout, choisissez le moment propice. Privilégiez un tête-à-tête, quand vous serez tous les deux calmes et que vous aurez du temps devant vous. Évitez de céder à la frénésie du quotidien et de vider votre sac entre deux portes, quand votre interlocuteur s'apprête à partir pour le lunch, au cellulaire ou dans un bref courriel. La prudence s'impose. La critique, pour être efficace, ne doit pas être précipitée.

- Puis, tenez-vous-en aux faits. Beaucoup de gens commettent l'erreur de critiquer la personne elle-même plutôt que son comportement. Décrivez la situation qui vous a déplu, les circonstances dans lesquelles elle s'est produite, etc. Appuyez-vous sur des exemples concrets.

- Parlez au «je» plutôt qu'au «tu». Le ton sera moins accusateur et permettra à l'autre d'exprimer ce qu'il ressent.
- N'exagérez pas: les mots «toujours» et «jamais» sont à proscrire.

- Insistez sur le changement que vous souhaitez: si vous décrivez un comportement négatif comme impossible ou difficile à changer, votre vis-à-vis aura tendance à se défendre plutôt qu'à s'améliorer. Il sera alors moins réceptif à vos propos.

- Limitez-vous à l'essentiel. Si vous accumulez les frustrations depuis plusieurs mois et que vous divulguez tout en vrac, votre message risque d'être mal accueilli.

- Faites ressortir les aspects positifs. Réfléchissez aux bons coups que la personne a accomplis. Cela vous aidera à la percevoir de façon plus positive et à être objectif. La stratégie idéale consiste à souligner d'abord les points à améliorer et à terminer en abordant les aspects qu'on apprécie chez l'autre personne.

- Demandez à l'autre de quelle façon il compte régler la situation. Aidez-le à trouver des solutions.

- Finalement, ne considérez pas la critique comme une communication à sens unique. Une fois votre point de vue exprimé, donnez à l'autre l'occasion de s'expliquer et soyez vous-même à l'écoute. Vérifiez du même coup si l'autre est d'accord avec votre évaluation de la situation.

Pas facile de faire face à la critique

Pourquoi la critique est-elle si difficile à encaisser ? Parce qu'elle oblige à se remettre en question. Personne n'aime ça. Notre estime personnelle est atteinte. Ceux qui n'ont jamais reçu de feed-back pendant l'enfance et l'adolescence acceptent d'autant plus mal la critique à l'âge adulte qu'ils n'ont pas été confrontés à d'autres réalités. Ils n'ont pas l'habitude de voir leurs compétences remises en question. Pour éviter d'avoir à affronter la critique, certaines personnes vont même devenir ultra perfectionnistes.

Pour faire face à une critique sans y laisser sa confiance, mieux vaut la voir comme une occasion de s'améliorer.

- Gardez votre calme, empêchez vos émotions de prendre le dessus. Le mieux est de démontrer de l'ouverture à l'autre.

- Écoutez votre interlocuteur sans l'interrompre. Demandez-lui ensuite de clarifier les points obscurs et de vous fournir des exemples concrets.

- Assurez-vous d'avoir bien compris le reproche qui vous est adressé. Si la critique est justifiée, reconnaissez vos torts. Mais rien ne vous oblige à tout prendre sur vos épaules.

- Cherchez ensuite des solutions : il est parfois nécessaire de prendre un certain recul.

-Finalement, résistez à l'envie de critiquer l'autre à votre tour, ce qui ne ferait qu'envenimer la situation.

Par-dessus tout, convenez d'un suivi, une étape primordiale. Le suivi permet aux personnes concernées de voir si tout se déroule bien et si la personne qui a été l'objet de la critique a besoin d'un coup de main.

Être constructifs et modéré

Faite dans les règles de l'art, la critique constructive précise les attentes de chacun et améliore l'efficacité des personnes et des entreprises. Au contraire, une plainte lancée pour se défouler peut avoir des conséquences particulièrement destructrices. Les critiques négatives brisent l'estime personnelle et enveniment les relations. Elles peuvent saper la motivation et susciter un sentiment d'incompétence. Dans de tels cas, les gens ont tendance à se replier sur eux-mêmes. Les relations personnelles ou professionnelles s'en trouvent détériorées. Parfois pour très longtemps.

# Posté le samedi 27 décembre 2008 07:50