La Psychologie Environnementale

La Psychologie Environnementale

Nul ne saurait aujourd'hui prétendre ignorer l'influence de l'environnement sur la société et les individus.
Pourtant, les psychologues se sont relativement peu intéressés à la dynamique complexe entre l'environnement et le comportement humain. dans cet ouvrage, jean morval fait le point sur le développement de la psychologie environnementale, un domaine qui, depuis plusieurs années, se penche spécifiquement sur les transactions entre les individus et leur cadre de vie.
Après un rappel indispensable des concepts de base, tels ceux d'espace personnel et de régulation de l'intimité, l'auteur analyse les différents processus psychosociaux à l'oeuvre dans les échanges entre les gens et leur environnement: le bruit, la pollution, la chaleur, la foule, etc.
Par ailleurs, le lecteur est convié à se familiariser avec la notion d'appropriation de l'espace, qui fait l'objet des recherches les plus récentes dans le domaine, de ses liens avec la motivation au travail et l'affirmation identitaire. en corollaire, le livre aborde les questions délicates de la mobilité et de l'autonomie chez la personne âgée, ouvrant ainsi la réflexion sur les problèmes du vieillissement démographique et le maintien de la qualité de vie.

# Posté le samedi 16 mai 2009 11:25

La Décroissance pour tous

La Décroissance pour tous
Si ce livre vous permet de découvrir " tout ce que vous voulez savoir sur la décroissance sans jamais avoir osé le demander ", vous n'en ressortirez pas indemne d'une profonde transformation de votre vision du monde. Et s'il ne vous apprend que peu par rapport à ce que vous savez déjà, il vous sera d'une grande utilité pédagogique pour convaincre votre entourage, vos amis et les cercles militants que vous fréquentez. Que demander de plus à un petit ouvrage " simple et accessible ", comme nous l'a modestement présenté son auteur? Mérite pédagogique, disions-nous, qui balaie méthodiquement, et avec l'air de ne pas y toucher, tous les champs de connaissances et de pratiques : matérielles, psychologiques, sociales, économiques, techniques, poétiques et politiques, en allant du pourquoi au comment, de l'état des lieux, des causes de cet état à l'exploration de pistes concrètes pour en sortir et pour s'en sortir. Sortir et s'en sortir de quoi? Vous le saurez après avoir refermé ce livre.

Un très bon livre pour mieux comprendre le monde qui nous entoure et qui nous propose d'agir en conséquence.
Les exemples sont très bien choisis et invitent à une réflexion approfondie pour aiguiser son sens critique.

# Posté le mardi 16 juin 2009 07:43

Comment aiguiser son sens de l'esprit critique ?

Comment aiguiser son sens de l'esprit critique ?
Rédigé dans une langue claire et accessible, cet ouvrage, illustré par Charb, constitue une véritable initiation à la pensée critique, plus que jamais indispensable à quiconque veut assurer son autodéfense intellectuelle. On y trouvera d'abord un large survol des outils fondamentaux que dort maîtriser tout penseur critique : le langage, la logique, la rhétorique, les nombres, les probabilités, la statistique, etc. ; ceux-ci sont ensuite appliqués à la justification des croyances dans trois domaines cruciaux . l'expérience personnelle, la science et les médias.

" Si nous avions un vrai système d'éducation, on y donnerait des cours d'autodéfense intellectuelle. "
Noam Chomsky


Pour lutter contre toutes les formes d'irrationalité et de croyances dangereuses, il n'existe qu'une méthode : la pratique du doute et de l'esprit critique.

Le livre présente des outils et des méthodes qui permettent de raisonner lucidement et d'aiguiser son sens critique. Emaillé de citations et d'exemples très concrets, il est découpé en 5 grands chapitres, regroupés en deux grandes parties : outils de la pensée critique, et justification des croyances.

Quelques indispensables outils de la pensée critique

Dans cette partie, les différentes manières de mentir – consciemment ou non – avec des mots ou des chiffres sont présentés, ainsi que les outils intellectuels nécessaires pour éviter de se faire entourlouper.

Chapitre 1

Le langage : dans cette partie, l'auteur revient sur les mots utilisés, aux choix trompeurs que l'on peut faire et qu'il faut connaître pour éviter de se faire abuser. Il discute ensuite de logique, et plus particulièrement de l'art de combiner des propositions. La rhétorique, la fourberie mentale et la manipulation sont passées en revue avec les paralogismes courants.

Chapitre 2

Mathématiques (compter pour ne pas s'en laisser conter) : dans ce chapitre, l'auteur revient sur certains outils mathématiques de base (les “mathématiques citoyennes”) – manipulation des grands nombres, statistiques, présentations des données – indispensables pour pouvoir analyser les chiffres qui nous sont fournis et la manière dont ils sont présentés sans se faire abuser.

La justification des croyances

Dans cette partie qui traite des croyances, l'auteur revient sur ce qu'est une croyance, et les trois grandes sources de connaissances et de croyances : expérience personnelle, sciences et médias. Pour chacun de ces domaines, l'auteur explique la démarche à avoir pour rester sceptique et ne pas se faire embobiner.

Chapitre 3

L'expérience personnelle : Justifier nos croyances par notre expérience personnelle est naturel, mais c'est une démarche dont il importe de connaître les limites (perception, souvenir, jugement)

Chapitre 4

La science empirique et expérimentale : pour savoir tracer la limite entre sciences et pseudosciences (les disciplines qui se parent des atours des sciences sans en adopter la rigueur dans la démarche et le doute systématique, par exemple l'homéopathie), pour tracer cette limite, donc, il importe de connaître quelques balises et quelques outils de la démarche scientifique (expérimentation avec contrôle de variable, avec groupe de contrôle et en double aveugle). L'auteur revient également sur des notions d'épistémologie, et sur les fondements de la Science.

Chapitre 5

Les médias : Dans ce chapitre, l'auteur revient sur l'indispensable scepticisme de rigueur pour analyser les informations provenant des médias. Loin d'être la vérité, elles sont le résultat d'un choix dont il importe de connaître les tenants et les aboutissants. L'auteur semble considérer que le plus grave trouble dont souffrent les médias est le regroupement en une pensée unique mercantile et orientée politiquement. Ce n'est pas à mon avis le seul, mais les rappels qu'il fait sont importants.

# Posté le mardi 16 juin 2009 07:57

Le théâtre pour redevenir soi-même

Comédien, metteur en scène et directeur de théâtre devenu aujourd'hui formateur et coach, Arnaud Riou met à contribution sa connaissance originale de la scène pour mieux comprendre la complexité des personnages qui vivent en nous et qui sont à la source de nos conflits. Décryptage...

Vous faites une analogie entre le jeu au théâtre et le psychisme humain. Doit-on jouer à être un autre pour être réellement acteur de sa vie ?

Au théâtre, l'acteur s'appuie sur ce célèbre adage "connais-toi toi-même" pour ensuite jouer à être un autre. Un acteur qui ne se connaît pas, ne peut pas être un bon acteur ! Ce qu'il montre sur scène, sous les traits de ses personnages, ne sont, en fait, que des parties de lui.
Dans notre vie de tous les jours, nous pouvons reconnaître que nous sommes pleins de paradoxes, de contradictions. En prenant conscience de toutes les parties de nous-mêmes, on répond mieux à ses propres besoins, on peut développer alors plus de fluidité avec les autres.
C'est en restant fidèle à soi-même que l'on s'épanouit. Ce qui nous dérange dans la relation avec l'autre c'est qu'il nous renvoie la partie de nous qu'on a le moins envie de voir. Lorsque nous vivons mieux toutes les parties de nous-mêmes, l'autre ne nous dérange plus ! Entrer en amitié avec soi même est le préalable pour rentrer en amitié avec l'autre

Quel est le rapport entre le théâtre et le développement personnel ?

J'ai travaillé pendant 20 ans comme comédien, metteur en scène et professeur de théâtre. Quand il monte une pièce de théâtre, le comédien apprend par le comportement, le physique, et les expressions, à devenir le personnage. La façon dont il parle, se tient, bouge les yeux, va rendre le personnage crédible. Tout ce processus va l'amener à ressentir. En changeant sa posture, son allure, l'acteur ressent de l'intérieur ce que ressent intimement le personnage. C'est en agissant sur l'extérieur que viennent les sensations.

Pourtant, nous ne sommes pas tous comédiens...
Vous avez raison. Le comédien dispose des ressources et de la motivation pour faire ce travail intérieur. Il a un entraînement pour ça. Dans la vie de tous les jours, on n'est pas conscient d'avoir en nous tous ces personnages et le costume dont on se sert quotidiennement nous colle à la peau. On se limite à ne jouer qu'un seul personnage, là où il pourrait y en avoir plusieurs. Cette attitude est surtout problématique dans les changements de notre vie. Les séparations, les ruptures, les déménagements, les licenciements. Ces changements sont rendus d'autant difficiles qu'on s'accroche à notre personnage, un peu comme un acteur qui ne veut pas abandonner son costume alors que le public a quitté la salle !

Comment prendre alors conscience de sa multiplicité ?

En accueillant le vivant en nous ! En laissant tomber les projections, c'est-à-dire, ce que les autres attendent de nous, pour célébrer ce que nous nous attendons de nous-mêmes ! Pour être heureux nous devons satisfaire nos besoins et accorder moins d'importance aux jugements des autres.

Justement, à quoi tient cette peur du jugement ?

Quand il se construit, l'enfant comprend très vite que certaines attitudes sont mieux admises socialement que d'autres. Du coup, il va laisser dans les "coulisses" certains personnages « gênants » et va en interpréter d'autres plus consensuels, pour plaire à ses parents, être bien vu... Pour être accepté par le groupe, il peut, par exemple, jouer systématiquement le joyeux luron qu'on aime bien inviter aux soirées, même quand, intérieurement, il ne l'est pas ! La souffrance naît quand nous nous trahissons nous-mêmes. Nous allons finalement jouer les personnages qui ont une bonne appréciation, en oubliant une partie de nous-mêmes.

C'est aussi ce qui se passe en couple ?

Beaucoup de clashs ont lieu dans les couples, car chacun attend que l'autre joue un personnage ! On a du mal à écouter l'autre pour ce qu'il est vraiment ! On préfère qu'il corresponde au personnage qu'on a envie de le voir jouer ! Ça marche un temps !

Le manque d'écoute et de communication est aussi à la source de beaucoup de conflits. Quand l'émotion est trop forte, on a du mal à écouter les besoins de l'autre. Pourtant l'autre a besoin d'être entendu. De plus, l'énergie masculine est plus dans la recherche de solution alors que l'énergie féminine est davantage à l'écoute de ce qui se passe à l'intérieur. Sans faire de généralités, je crois que l'homme s'appuie sur sa rationalité pour résoudre, comprendre et analyser. La femme représente plus l'intuition, elle est à l'écoute et laisse se résoudre ce qui est. L'homme et la femme sont alors en décalage, l'un cherche à résoudre, l'autre à ressentir. C'est pourquoi l'homme doit développer son énergie féminine et la femme son énergie masculine.

C'est difficile de vivre en couple ?

Très ! Le couple est un terreau magnifique qui permet d'expérimenter beaucoup d'épreuves et d'émotions qui nous touchent dans notre intimité et dans notre profondeur, qui font souvent valser nos certitudes et les personnages auxquels nous nous raccrochons. Le couple réveille quotidiennement la jalousie, la peur d'être quitté, la possessivité, l'intrusion. Ces sensations nous bouleversent. S'il est vécu en conscience le couple permet vraiment à chacun de se découvrir comme nulle part ailleurs. Le couple a besoin de conscience. Dans un couple conscient, chacun apprend à être complet pour aimer l'autre. Dans un couple sans conscience, chacun puise chez l'autre ce qui lui manque à lui, et s'épuise ! C'est pourquoi le couple nous sert à grandir et en même temps constitue une épreuve.

Conseillez-vous le théâtre à ceux qui ont du mal à s'extérioriser ?

Sans aucun doute, oui, je conseille aux personnes qui n'arrivent pas à s'extérioriser de faire du théâtre. C'est une façon, par le prétexte des personnages, des costumes et des maquillages, de découvrir et de célébrer toutes les parties de nous. Le théâtre nous en apprend beaucoup sur nous-mêmes, comme la thérapie ! Le théâtre est une pratique qui permet de prendre conscience de soi et confiance en soi. C'est une expérience qui nous permet d'expérimenter les émotions en nous par le biais du jeu et d'explorer la vie comme un acteur peut le faire avec la scène.

1 Préparation de la description du personnage

La description du personnage est extrêmement importante. C'est le premier contact du personnage avec le monde extérieur. C'est sur cette première impression que l'on va juger votre personnage. Cette description est un préliminaire du roleplay . De nombreux articles de revues ont déjà paru, expliquant en détails les différentes formes de visage, les couleurs des yeux et autres détails. Soyons honnête, lorsque vous rencontrez une personne, examinez-vous en détail sa physionomie ? Pouvez-vous après une rencontre de 5 min, décrire précisément son visage ? A part quelques spécialistes, je ne crois pas que la majorité des gens en soient capables. Ce que l'on retient, c'est une vague impression, que l'on peut souvent résumer en une phrase. C'est cette phrase que vous devez utilisez pour décrire votre personnage.
Pour construire cette phrase je vous propose une technique que j'utilise personnellement. C'est assez simple, imaginez que vous-même rencontriez votre propre personnage. Bien sûr, les attitudes du personnage dépendront aussi de l'environnement. Par souci de simplicité, choisissez l'environnement dans lequel le personnage est le plus à l'aise. Pensez tout d'abord à la façon dont les deux ou trois principales qualités du personnage s'expriment dans son comportement. Par exemple, son énergie est-elle remarquable par sa voix de stentor, par ses gestes résolus ou bien par une résistance accrue ?. Utilisez des adjectifs (ou une tournure) afin de préciser et de renforcer ce comportement. Dans l'exemple, j'ai ainsi utilisé les adjectifs " résolu " et " accru " et la tournure " voix de stentor ". Une expression doit suffire à décrire une qualité. Maintenant vous devez posséder 2 ou 3 expressions décrivant les 2 ou 3 principales qualités de votre personnage. Vous pouvez décrire ses défauts. N'essayer pas de les cacher, toute personne possède ses défauts, cela ne rend que plus humain. Si vous jouez à un jeu de manipulateurs (ex : espion), ou tout défaut peut être utilisé contre vous, vous devez quand même réfléchir sur les défauts du personnage. Pourquoi ? Car ne pas les décrire montre que vous ne les connaissez pas, ou en tout cas que vous les sous-estimez. Cela est le plus grand défaut. Rappelez-vous du " connais-toi toi-même ". Connaître et exprimer ses défauts est la meilleure arme pour s'en protéger. Rien ne vous empêche (si vous vous en sentez capable) de simuler un défaut ( les leçons de son succès qu'explique Al Pacino à Keanu Reeves dans le film L'avocat du diable ). Pour exprimer vos défauts, utilisez la même astuce que pour vos qualités.
Finalement avec ces 4 à 6 expressions, vous devez construire une phrase en insistant plus sur certains points ou en ajoutant un exemple illustratif. Vous n'êtes pas bien sûr obligé d'utiliser toutes les expressions, elles servent surtout comme une esquisse sur laquelle vous baserez votre description.

2 Réflexions sur la personnalité du personnage

A la fin de la création de personnage, vous possédez une somme de caractéristiques décrivant votre personnage. Mais que désire t-il dans la vie ? Quels sont ses pires cauchemars ? Quelle est son histoire ? Comment interagit-il avec les autres ? Quels sont ses goûts ? Vous devez penser à tout ça avant de vous mettre à jouer.
Chaque joueur doit de son coté essayer de se rapprocher au maximum de son personnage. De ressentir ses faiblesses et ses qualités. Pour cela, pas de miracle, il faut passer beaucoup de temps à réfléchir sur ce personnage.
Vous devez rechercher à comprendre ce qui motive votre personnage, et vous devez vous investir dans cette recherche " psychologique " de votre personnage.
On peut faire un parallèle entre le théâtre et le jeu de rôles. Imaginons qu'un joueur veuille jouer Roméo. Son personnage est éperdument amoureux, prêt à tout pour cet amour. D'un autre coté, il est fidèle à sa famille et à ses amis. Il est important avant le jeu de savoir quel sera le choix de Roméo entre son amour et sa fidélité à sa famille. Roméo étant un personnage passionné, le joueur doit appuyer son analyse sur cet aspect du personnage.
La source d'inspiration la plus aisée pour le joueur est sa propre expérience. S'il a déjà ressenti un amour très fort pour quelqu'un, le joueur dispose d'une base pour son interprétation. Le joueur doit analyser son expérience et en retirer ce qu'il pense être universel ou le plus marquant dans ce qu'il a vécu. Mais le caractère de tous vos personnages ne peut être limité à vos propres expériences, si riches soient elles, car sinon tous vos personnages risquent de trop se ressembler. D'autres sources d'inspirations pour créer la personnalité de votre personnage sont les livres, films... Et comme le dessinateur qui s'inspire des physionomies des gens qu'il rencontre, vous pouvez vous inspirez du caractère de gens que vous connaissez. Le cadre historique de votre monde peut aussi modifier l'interprétation : Roméo ne sera pas interprété de la même manière dans un monde exaltant l'amour courtois que dans un monde ambiance western ou même un monde contemporain.. Une fois que vous avez défini le caractère du personnage, il s'agit maintenant de vous entraîner à le jouer.
Je n'ai pas d'astuces particulières pour cet entraînement au jeu du personnage. Mais personnellement, je joue mes personnages assez à l'instinct un peu comme pour un tableau de peinture. C'est-à-dire que j'essaye de créer une gamme de couleurs qui sont les caractéristiques psychologiques principales du personnage, et à partir de cette gamme je m'entraîne à improviser des tableaux qui correspondent à diverses situations possibles.
Le jeu de rôles est interactif, ne vous laissez donc pas enfermer dans votre interprétation. Si vous jouer un aristocrate hautain et que vous avez préparé minutieusement votre interprétation à la cours du Roi, il peut vous arriver d'être dans des situations imprévues (enfermé dans une prison par exemple). Vous pouvez continuer à jouer votre personnage avec son caractère habituel (hautain et méprisant), ou bien au contraire en profiter pour faire resurgir une faiblesse qui dévoilerait une autre facette de votre personnage (peureux et suppliant par exemple).
Votre but doit être de pouvoir interpréter quasiment n'importe quelle scène en improvisation théâtrale. Car c'est ce que vous allez faire en partie.

3 Renseignements sur l'époque et la culture

Comprendre la culture dans lequel votre personnage va évoluer est essentiel pour jouer le rôle de votre personnage de façon authentique et non comme un citadin du 20ème siècle.
Réfléchissez au statut de votre personnage dans sa culture. Bien que débutant, il possède probablement certains droits et devoirs propres à sa classe / famille... Comment se situe-t-il par rapport à la société dans laquelle il évolue, est-il conservateur ou au contraire réformateur ? Est-il bien introduit dans la société, ou la rejette t il ? Toutes ces questions ne peuvent être résolues qu'une fois que vous connaîtrez suffisamment l'univers de jeu.
Un exemple d'un personnage dont le caractère a été choisi pour qu'il ait une forte interaction avec son univers est le frère Guillaume de Baskerville dans " le Nom de la Rose ". Scientifique avant l'heure, il voue un véritable culte à la raison, ce qui est en totale opposition avec le clergé qui considère que les voies de Dieu sont impénétrables. Raisonner c'est pécher par orgueil, c'est se croire capable de mesurer son intelligence à la création divine. Le choix du caractère du personnage de frère Guillaume lui donne son coté si attachant pour le lecteur qui appartient lui au siècle de la raison.

En conclusion, s'il fallait résumer cet article en une seule phrase je dirais que les joueurs doivent être conscients qu'ils sont des acteurs à part entière et non des spectateurs. Bien sûr préparer un personnage demande du temps, temps qu'il est difficile d'obtenir lorsqu'on mène une vie active. Mais, avec un peu d'expérience, il suffit d'une soirée pour créer la personnalité de son personnage, et l'on peut approfondir cette personnalité en mettant à profit les nombreux temps morts d'une journée. Et puis regarder un film ou lire un roman ne demande pas beaucoup d'efforts. Si chaque joueur suit cette préparation, l'intérêt des parties sera multiplié.

Dans cette optique de travail personnel, le jeu de rôle peut quitter son état larvaire (dans le sens biologique et non péjoratif du terme) de jeu de société pour se transformer en un art au carrefour du théâtre interactif et du conte oral (dont les anciens usaient tant). Le jeu de rôle dispose de la matière pour devenir un art de dialogue véritablement interactif par contraste avec le multimédia dont l'interactivité se résume le plus souvent à quelques clics. Malgré l'incessante amélioration de l'informatique, l'interactivité réelle ne peut être atteinte qu'entre humains. L'intelligence et l'émotion ne sont pas des données qui peuvent être codées en informations binaires.

# Posté le vendredi 24 juillet 2009 13:08

Modifié le mardi 20 octobre 2009 16:27